TEXTES 50 Nuances 2017

LA MASSE

Clameur des foules mouvements de masse

Les uns entraînent les autres

Baignant d’un esprit confus variation d’humeur

Les cerveaux cogitent

Tu te noies dans la masse

Un parmi tant d’autres

Elle contrôle ta substance

Jusqu’à perdre la notion du temps

Tous vers un même but sentiment omniprésent

Fougue contrôlée

La courbe se dessine et se rejoint

Fatalité du destin

De plus en plus tu t’engouffres

Tu te perds vers l’irréparable

Monte l’adrénaline l’esprit s’endort

Situation reprochable

TU L’AIMES OU TU LA QUITTES

Ça te plait pas qu’elle fasse de l’oeil à tout le monde

qu’elle ne pense pas à toi même une seconde

tu veux la serrer dans tes bras  elle presse le pas

de toutes façons pour elle la yassca y a que ça

faut que tu ailles voir ailleurs si l’herbe est plus verte

si tu t’en vas pour elle c’est pas une perte

des bacs+5 intérimaires dans des usines

l’humain 2.0 n’est  qu’une machine

tu l’aimes ou tu la quittes

les rouages de la mécanique du pire

la main au feu bâtit l’empire

régler les hommes le choix perdu

idéaliste jamais repus

rester en paix comme en amour

reste à trouver quand vient le jour

Offrant qui soufre d’un pays en temps de crise

Liberté égalité Marianne soumise

Fraternité n’est qu’une méprise

Il est grand temps de lâcher prise

50 NUANCES

Plutôt démissionnaire

 Elle veut plus du missionnaire

50 nuances de vice au bord du précipice

Elle veut un taulard un badboy

Elle en a marre de ses sextoys

Péché de gourmandise

Elle rêve qu’on la déguise

50 nuances de vice

Elle veut qu’on la maltraite

Qu’on l’attache qu’on la fouette

50 nuances de vide

Comme un trip sous acide

Des bêtises à sa guise

Qui la grisent soumise

Elle s’enlise et se brise

Comme un miss pas lisse

Pour n’en faire qu’à sa tête comme une fille pas nette

Elle veut être prise comme une actrice

Elle a perdu de vue

Ce qu’elle voulait au début

Elle s’est trop mise en scene elle a forgé ses chaines

Elle veut quand meme de l’amour

Et qu’on lui fasse la cour

Jusqu’à la fin d’sa vie jusqu’au bout de ses jours

D’un eternel ennui

Dans ses rêves de velour

Elle est seule toute seule

Les hommes l’ont déçue depuis

AYLAN

Les mystères étranges louanges de misère

L’ascension des archanges de la dépravation

Etrange lueur ennemi du cœur de la dégradation

L’esprit s’égare dans la ligne droite dans un flot de voile écarlate sans direction

Tout s’emballe dans l’atmosphère décapote aux enfers En attendant l’explosion

Nord sud est ouest Toujours la même misère le monde ne tourne pas rond

Les mystères étranges louanges de misère

L’ascension des archanges de la dépravation

Admirez l’art et la manière l’heure n’est pas aux chimères dans l’ivresse de l’action

Décors perdus dans un œil trouble les cendres de la nation des poupées de chiffon

Qui brûlent encore comme un étendard bannière en flammes Des tas de corps empilés vous n’aurez que des larmes

Les pulsions de l’ivresse trainent des chiens en laisse Interprétation désolente enchainée la paresse

Le voile torturé contre nature compréhension rivière pourpre sentiment de confusion

Les mystères étranges louanges de misère

L’ascension des archanges de la dépravation

attelage sénile flux intuitif dissimule une simple rage intuition  consolation mirage

l’ombre des décennies inflige sa blessure aux âmes meurtries

silence affable conte défaits de faits le bruit du monde la colère gronde

tombent les bombes trajectoire levée pluie noire dans la nuit fine

placard objets trouvés nos hontes cachées  illusoires

futur changé passé présent reste en cage les évènements

Les mystères étranges louanges de misère

L’ascension des archanges de la dépravation

Etrange lueur ennemi du cœur de la dégradation

DISCOTHEQUE 

Elle vient d’avoir 30 ans elle fait le bilan

Pas de mari pas d’enfant pas de travail stable

A vouloir l’indépendance elle s’est brûlé les ailes

Toute seule tout le temps elle se trouve pas belle

Elle ne voit plus ses amis ils se sont mariés

Mis en a-t’elle déjà eu car même en amitié

C’est triste pour elle mais elle ne sait pas aimer

Son cœur est une pierre mais la ride sur son front

Lui rappelle que l’horloge tourne biologiquement parlant

La vie n’est pas un film avec un happy end

Ils ne vécurent pas heureux avec beaucoup d’enfants

Elle révait d’un château elle est au 6ème

Dans une tour merdique d’une banlieue HLM

Quand tu nais Cendrilon dans nos sociétés

Tu restes Cendrillon personne vient te chercher

Dans le noir elle attend la nuit à son oreille une mélodie

Qui lui souffle tu n’as pas choisi cette vie

C’est cette vie qui t’a choisie

Elle va en discothèque elle aime danser

Elle veut faire tourner les têtes quand elle vient de passer

Mais personne ne s’arrête pour la regarder

Non personne ne s’arrête pour lui demander

Est-ce que tu veux m’épouser veux-tu faire un enfant

Ets-ce que tu veux te poser qu’est-ce que tu veux vraiment

Je peux être celui qui te fait oublier

toute cette vie d’ennui les blessures du passé

Petite pantoufle de verre flotte sur le trottoir

Au milieu de l’univers personne n’a dû la voir

Personne ne va se baisser pour la ramasser

Est-ce que quelqu’un va chercher à savoir à qui elle est

Elle vient d’avoir 40 ans toujours au 6ème

Elle a déjà un enfant elle attend le 2ème

Seulement les princes charmants dans nos sociétés restent rarement plus d’une heure triste réalité

LA FIN DU MONDE

Les fleurs du mal noyées dans l’absinthe cognent mes tempes ma tête mes jambes tremblent

Fuite en avant sur la banquette arrière au détour des boulevards large barge pres de la berge nage

En autopilote évite les platanes  défilent les lignes blanches guident mon âme

Raccroché au monde les sensations fortes se sentir en vie

 ressentir encore quelque chose l’envie

la vie est belle j’arrive

On ira tous au paradis

Tout s’accélere  je tombe

Tard dans le soir creuse ma tombe

En attendant la fin du monde

Frôler les murs comme une ombre

Elle passe et me casse et me lèche elle se lasse elle me plait elle s’emballe me déballe je l’avale elle râle et se plie on s’affale un enfant pour quoi faire elle pleure je suis las

la route défile sur le fil je chancelle  il me reste une place mais personne à côté je vais seul  vers nulle part sans savoir le pourquoi du comment sans savoir même pourquoi mais j’y vais

dans tes bras serre plus fort moi étouffe moi encore

tu sais parfois  le plomb se change en or

Si tu pars dans la nuit ne rentre pas trop tard je t’attends dans le noir

Dans la main j’ai le cœur dans les yeux j’ai l’horreur

Mais l’envie me taraude j’ai la pupille qui brûle j’ai l’âme qui bascule

Le sombre m’appelle plus rien ne me rattache à ce monde qui s’effondre

Si la vie a un prix je n’ai pas les moyens le chemin qui s’arrête sous mes pas n’y va pas

Est-ce que tu te souviens de ces matins d’été

 Quand Nous marchions ensemble

Quand tu me regardais

Comme on regarde  l’avenir

Quelque fois au loin

Je l’entends qui m’appelle encore

C’est un puits sans fin

C’est un océan de peine

Et toujours plus fort

Dans ma tête et dans mes veines

Quelque part enfance

En France violence

AUTOROUTES 

Les aires d’autoroute se ressemblent toutes

Des enfants qui jouent des couples

J’aime les aires d’autoroute

Les yeux dans le doute ce qu’il m’en coute d’avoir tracé ma route

Nos cœurs sont des aires d’autoroute

Tu restes derrière prisonnière de ta vie

Mon cœur est des aires d’autoroute

J’perds mon temps à téma derrière en vrac j’me mets la tête à l’envers

Y aura toujours des bords de mer n’importe laquelle fera l’affaire

J’perds mon temps à téma derrière en vrac j’me mets la tête à l’envers

Y aura toujours des bords de mer

Les aires d’autoroute me ressemblent toutes

Le monde qui croise ma route

Perdu dans la foule de mes doutes

Les départs du mois d’août vous effacent toutes et je poursuis ma route

Seul sans garde fou à la déroute

Tu t’envoies en l’air solitaire je m’enfuis

Nos cœurs sont des aires d’autoroute

72 VIERGES

L’homme va brûler le monde

Des larmes au fond de sa tombe

Derrière les barricades et les malentendus

se cachent un jour maussade et quelques barbus

des morts à chaque seconde

remords en boucle sur les ondes

sous les pavés la plage et quelques CRS

des flammes sur les joues des chiennes de garde en laisse

pour une utopie ils tueraient père et mère

courage entre les jambes  et toujours par derrière

nuit debout à genoux à coups de barres de fer

de gaz lacrymo flashball au ministère

s’il reste un peu de place ils iront en enfer dans une salle de spectacle pour 72 vierges

révoltes façonner le monde

VALSE

J’suis passé en bas d’chez toi y avait pas d’lumière

J’ai pensé qu’tu dormais avec  lui ou un autre

Ou bien qu’t’étais chez lui ou chez un autre

C’est dimanche et la rue est déserte

J’refais l’film de ma vie ça fait 20 ans qu’j’ai  15 ans

Est-ce que j’ai raté quelque chose ?

Est-ce que tout ça était écrit ?

Est-ce que c’est toi qui me manques est-ce que c’était notre vie

Parfois les trucs les plus personnels deviennent universels

J’ai pas envie d’pleurer y a des choses tellement plus graves

J’crois que j’m’endurcis et c’est pas que j’fais semblant

En même temps j’regarde j’regarde

Enfin si j’arrête de regarder mon nombril et que j’vois à nouveau les gens

J’vois bien qu’personne n’est heureux  seul  ou même à deux

Mais tout l’monde fait semblant

On a des vies d’merde faut s’lever le lundi pour payer à bouffer pour payer la maison

On a tous envie d’liberté mais personne personne n’ose y aller

Alors on s’construit une prison

Et même si tu veux t’en échapper

Y a toujours quelque chose qui te retient

Qui t’empêches de te libérer

Un amour impossible ou un autre espéré

Tu feras ton choix parce que pour moi j’ai décidé

dans  un monde qui nous empêche d’exister

formatés

j’ai décidé de rêver et de vivre de mes rêves

j’ai décidé d’pas tricher

juste être moi-même mais parce que j’passe pas à la télé

pour  toi c’est pas un métier

et puis y en a qui choisissent de faire des enfants et puis d’se séparer

on a bien fait de s’abstenir

et moi j’croupis dans un truc depuis des années

parce que les maisons de disque m’ont juste donné une pelle pour creuser

ben j’continue d’creuser

j’ai plus envie d’leur plaire

j’ai même plus envie d’te plaire

trouve toi un mec qui t’aimera pas ou que t’aimeras pas

mais qui plaira à tes parents

et il te construira une belle maison pendant qu’tu lui mentiras

pendant qu’tu l’tromperas

pendant qu’t’aimeras pas ta vie

pendant qu’moi j’aime la mienne